Seigneurie du Triton

Les trappeurs Lirette

Plusieurs membres de la famille Lirette figurent parmi les plus grands trappeurs de l’histoire de l’Amérique du Nord. Parmi ceux-ci se trouvent les descendants de Joseph Lirette et Angéline Rochette de Saint-Ambroise de Lorette près de Québec, soit Honoré, Ferdinand, Barthélémi et Charles. Véritables coureurs des bois d’une autre époque, leur histoire est remplie d’aventures hors de l’ordinaire qui ont marqué l’imaginaire collectif. Voici quelques moments marquants de leur épopée.

L’ancêtre des Lirette en Nouvelle-France arriva à bord du vaisseau « Le Noir » d’Amsterdam. Le bateau avait été affrété en 1664 pour prendre 51 passagers à la Rochelle à destination de la Nouvelle-France dans le cadre de l’effort de colonisation mis de l’avant par le roi Louis XIV qui avait promis d’envoyer 300 colons par an en Amérique.

Le navire de 100 tonnes commandé par le capitaine Pierre Fillye arriva à Québec le 25 mai 1664 avec, à son bord, François Hilleret de Marans, originaire de Frontenac-Le-Comte dans le Poitou. Ce même Hilleret se maria le 20 octobre 1669 sous le nom de François Lairet à Catherine des Marest, puis à Anne Tessier à Charlesbourg le 25 avril 1695, sous le nom de François Hyleret. Ce nom deviendra plus tard Lirette, Lerette et Lorette.


Reproduction de « Le Noir ».

Descendant de la longue lignée de pionniers qui sont arrivés au Canada au 17 e siècle, le trappeur et chasseur Charles Lirette Sr est né à Lorette le 3 mars 1845. Le jeune Lirette a déménagé avec ses parents et ses 16 frères et sœurs en 1855 à Saint-Raymond dans le rang Petit Saguenay où son père Joseph y devint agriculteur.


Joseph Lirette et Angéline Rochette


La maison de Joseph Lirette dans le rang Saguenay à Saint-Raymond. On aperçoit Ferdinand, sa femme et son fils Adélard et ses petits-enfants Gérard et Paul.

Source : Québec, L’Épopée de la forêt
Auteur : Sylvain Gingras
Page : 425


 

Les centaines de gardiens de clubs ont joué un rôle de premier plan. Leurs services étaient requis en tout premier lieu afin d’assurer la protection contre le braconnage et le respect des lois sur le territoire. Leurs fonctions consistaient à la maintenance des lieux, dont la construction et la réparation des bâtiments, l’entretien des portages et des embarcations, ainsi que l’embauche du personnel requis pour les tâches.

La réglementation des clubs imposait la présence des gardiens à longueur d’année. Chaque club devait construire une maison suffisamment confortable pour que la famille du gardien puisse y vivre à son aise. La femme et les enfants partageaient la tâche du garden et devaient souvent rester au camp lorsque ce dernier voyageait sur le territoire. L’hiver, le gardien avait comme tâches la coupe du bois de chauffage, le remplissage de la glacière pour les camps du club et des membres ainsi que tout le transport des matériaux nécessaires. On profitait de la saison hivernale et on attelait les chiens pour ce dernier travail.


Récolte de castors pour Gérard Lirette, gardien du club Triton.


Le gardien Gérard Lirette et son attelage de chiens. L’hiver était le moment pour le transport de matériel comme les provisions, poêles, gaz, naphta, lits, matelas, bois, papier de toilette…


On apporte des poules dans des cages, au Triton. Dans le canot, Maud, 2 ans, sa mère Alfreda Cayer, sa grandmère Blanche Gauthier et son père Gérard. Les guides devaient transporter les cages sur leur dos.


Des membres du club Marnier.


On aperçoit le gardien du club Marnier, Gérard Lirette, complétant la construction d’une glacière en 1937.

Source : Les Prestigieux clubs Triton et Tourilli
Auteur : Sylvain Gingras
Page : 311-312-313.

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C’était aujourd’hui, à Saint-Raymond, qu’était lancé le livre que Mme Maud Lirette a rédigé à propos de son père Gérard. Gérard Lirette, dernier gardien du Club Triton, trappeur et coureur des bois est un ouvrage biographique qui a le mérite de mettre en lumière la vie de l’un des derniers représentants d’une longue lignée de pionniers de la forêt.

Probablement le plus prestigieux club privé de chasse et de pêche du Québec, le Club Triton a accueilli, à partir de sa fondation en 1886, de riches messieurs des États-Unis qui venaient profiter du gibier, du poisson et du grand air de la forêt boréale.

Si beaucoup a été écrit sur les éminents membres de ce prestigieux club privé, il ne faut pas oublier que c’est grâce à des trappeurs et des coureurs des bois Canadiens-Français et Hurons que ces riches hommes d’affaires et politiciens avaient accès à un territoire quasiment vierge.

L’ouvrage de 170 pages que nous sert Maud Lirette nous permet de mieux comprendre la vie de ces hommes qui défrichaient les sentiers, construisaient les camps et transportaient les bagages des visiteurs. Son père Gérard a été le gardien du Club Triton entre le 1er juillet 1946 et l’automne 1981, ce qui fait de lui le dernier représentant d’une longue lignée.

De son enfance dans le rang Saguenay jusqu’à sa mort en 1988, Maud Lirette a retracé le parcours de son père. Pour ce faire, Mme Lirette a puisé dans ses souvenirs personnels ainsi que dans la collection familiale de photographies mais elle a également glané le matériel de son livre auprès de gens qui ont connu de près son père alors qu’il parcourait les rivières, les portages et les lacs du Triton. Des gens comme Wellie Picard, anciennement le Grand chef de la Nation huronne-wendat, Hélène et Jean-Marie Gros-Louis, Roland Sioui, Guy Cayer, Normand L’Écuyer et d’autres personnes qui ont eu le plaisir de partager avec elle leurs souvenirs à propos de son père ainsi que des photographies où il apparaît.

Pour composer son livre, Maud Lirette a travaillé durant deux ans, accumulant des heures d’entrevue, des centaines de photos et plusieurs autres documents, dont une lettre écrite des mains de sa mère Alfréda.

Gérard Lirette était reconnu pour avoir une grande force et une grande habileté ainsi qu’une connaissance approfondie de la forêt. Il a marqué l’histoire du territoire du Triton. On y trouve même aujourd’hui un lac qui porte son nom. Sa biographie permet d’en savoir plus sur la vie que connaissaient les aventuriers dans son genre. Marcel Drolet de Saint-Raymond raconte comment Gérard Lirette fut, une nuit, entouré par une meute de loups. Le fils de Gérard et frère de Maud Lirette, John, raconte les longs hivers que son père passait dans la forêt à trapper et chasser. Le résultat comporte un intérêt certain du point de vue historique. Son ouvrage a été imprimé à 500 exemplaires à compte d’auteur et, à peine publié, 300 exemplaires ont déjà été vendus.

À l’origine, Maud Lirette avait seulement l’intention de composer un album photo pour ses enfants et ses petits-enfants. C’est en 2011, en discutant de son projet avec André-A Bellemare, chroniqueur de chasse et de pêche au quotidien Le Soleil, qu’elle réalise que sa démarche mérite d’être approfondie et pourrait faire l’objet d’un ouvrage plus élaboré.

C’est d’ailleurs M. Bellemare qui signe la préface de Gérard Lirette, dernier gardien du Club Triton, trappeur et coureur des bois. Son propre beau-père a lui-même été guide au Triton. Selon lui, le livre de Maud Lirette nous permet de mieux connaître la vie d’un authentique homme des bois. « Ça confirme, nous a-t-il mentionné, la situation des gens qui entouraient les clubs privés ». « Ce sont ces gens-là qui ont bâti l’intérieur du Québec et qui ont rendu la forêt accessible », a-t-il ajouté.

Maud Lirette raconte la vie de son père Gérard Lirette ; lancement du livre le 21 août 2013.

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